
La splendeur des fleurs
Ni tout à fait oublieux, ni tout à fait nus, mais trainant des lambeaux de sa gloire, nous quittons Dieu, notre demeure. Et si rien ne peut ramener la gloire, ni la splendeur des fleurs, nous ne les pleurons pas. Nous tirons notre force de ce qui reste de la communion première. De la communion première, qui pour avoir été sera à jamais, dans la douceur de sources que répand l'humaine souffrance, dans la foi qui traverse la mort, grâce au coeur humain qui bat et nous fait vivre, grâce à sa tendresse et ses joies, à ses craintes.
A mes yeux, la plus humble fleur éclose fait éclore à son tour des songes qui transcendent les larmes et le sang.
Norman Maclean, La rivière du sixième jour

Le bleu des Alpes
Le voyageur ne ramène-t-il pas du versant de la crête non point, dans la vallée, une poignée de terre, qui pour tous est l’indicible, mais un mot glané, un mot pur, la gentiane jaune et bleue.
Rainer Maria Rilke, Neuvième élégie

L’odeur de l’automne
Et tout d’un coup, un matin, ça sent l’automne. Il ne fait pas encore froid, il n’y a pas de vent. Rien n’a changé et pourtant tout est différent.
Kurt Tucholsky
La cinquième saison

Le Tao du ciel
Le Tao du ciel opère d’une manière mystérieuse et secrète. Il n’a pas de forme fixe. Il ne suit pas de règles définies. Il est si grand qu’on n’en vient jamais à bout. Il est si profond qu’on n'en arrive jamais au fond.
Kenneth White
Le plateau de l’albatros

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Corneille, Le Cid
